En février, avant et après la bien connue date du 14, l’amour sous diverses formes s’impose à nous par tous les supports et prend possession des étals. Tout est prétexte à vendre de nos jours se dit-on, certains renchériront qu’il n’est pas besoin d’une date pour célébrer l’amour. Personnellement, autant je n’ai jamais rien attendu d’un amoureux que ce que je lui donne, autant j’apprécie dire ou entendre un « Bonne st-valentin… », et plus si possible. Et je trouve tout aussi outrageantes les attentions exceptionnelles en cette occasion devant faire cautionner le mépris habituel.
Il est bien dommage que tant de personnes ayant l’expérience du couple sous une de ses formes – copain et copine, mariage, union libre, relation à distance – soient blasées. La faute à qui ? L’égoïsme. Trop occupé à nous dépanner grâce à l’autre, à exhiber ses attributs pour faire pâlir de jalousie l’entourage, à lui imposer nos codes, nous en oublions qu’il s’agit d’un individu avec une personnalité, des aspirations et surtout qu’il mérite aussi notre attention.
Février au Tchad nous rappelle aussi les coups administrés au contrat du vivre ensemble national. Les abus des uns ayant engendré des frustrations chez les autres, les velléités régionalistes manipulées par des mains étrangères, tels sont les éléments ayant conduit aux événements en 1979 et à la prise de la capitale par des groupes armés 29 ans plus tard. Aujourd’hui, on constate que le mérite et le sens du service ne sont plus que de lointaines notions supplantées par l’obédience politique, l’appartenance religieuse et l’origine ethnique d’une part et de l’autre la possibilité de s’enrichir sans réellement impacter des situations que nous sommes officiellement tenus de changer.
Qu’il s’agisse du couple ou de la chose publique, dans quelle relation que ce soit, intégrons-le définitivement, c’est nous qui donnons à l’autre du pouvoir sur nous. Une incartade tolérée en appelle trop souvent malheureusement de plus graves. Ne nous leurrons pas à ce sujet, ces personnes n’ont pas de conscience qui les jugera, le chien a mangé leur honte depuis longtemps. Aussi c’est à nous qu’il incombe de les recadrer si nous ne voulons pas les subir ad vitam aeternam. Certains malins ont opté de suivre la tendance et, de victimes, ils sont devenus de véritables maîtres dans ce jeu où le conjoint, le subordonné, le public, le peuple ne sont que des pions.
Pour ma part, je fais partie des ringards – vivement que l’espèce ne disparaisse pas – qui pensent que l’amour commence par soi certes mais ne saurait occulter les autres. J’admets que ceci me joue des tours dans toutes les sphères de la vie où selon les baromètres actuels je suis classée parmi les losers. Qu’à cela ne tienne, c’est à ce prix que les choses changeront, et quand toutes les tentatives pour leur faire entendre raison échouent, il faut changer de partenaire ou de dirigeant.
