Ayant embrassé des religions nées d’une même source, nous connaissons l’histoire de ce mec qui face au courroux de son créateur n’a trouvé rien d’autre pour se dédouaner que d’accuser la compagne qui, précision de sa part, lui a été donnée par ce dernier, alors même qu’il avait jubilé à sa vue la première fois !
La constance d’une journée consacrée au niveau mondial aux droits de celles qui composent un peu plus de la moitié de l’humanité révèle l’injustice de nos sociétés. Air des temps, cela se voit aussi sur les réseaux sociaux où avoir des publications misogynes est la chose la plus tendance. Mais pendant qu’on se gausse ou on se plaint des lubies de certaines, la grande partie des femmes lutte pour que conjoints, enfants, parents et parentèle aient un toit sur la tête, un peu de sel dans l’estomac et des comprimés quand Monsieur Palu et Dame Typhoïde se présentent.
Le travail de la gent féminine tout âge confondu dont dépendent les familles est une situation vue et connue mais non appréciée à sa juste valeur. Les petites filles participent plus aux travaux domestiques que les petits garçons et ce déséquilibre ne change pas à l’âge adulte où de surcroît les hommes ne sont pas du tout gênés qu’une femme qu’elle soit mère, épouse, sœur soit leur pourvoyeuse de fonds. La fierté masculine n’est brandie que le jour où l’effrontée ose prodiguer quelques conseils avisés sur le sens des responsabilités, la loyauté et autres valeurs auxquelles ces chers Messieurs sont allergiques.
Ce serait grotesque cependant d’affirmer que tout n’est que bonté chez les femmes. On connait tous ces intrigantes qui ne reculent devant rien pour satisfaire leur égoïsme, ces acariâtres convaincues d’avoir épousé des monstres mais engendré des anges dont quelques indignes autres femmes profitent. Tout ceci n’est pas à encourager certes mais s’attendre à ce que les femmes soient parfaites revient à cautionner les vilains et pas du tout petits défauts des hommes.
Vivement que la semaine nationale et la journée internationale ne soient plus une parenthèse, une sorte de carnaval où les situations cocasses dues au changement des rôles doivent conforter les individus dans l’idée que les choses sont bien telles qu’elles sont. Qu’elles soient plutôt le moment de faire le point sur des actions concrètes menées tout le long d’une année et les ajuster au besoin. Oui, le genre ça se vit, ça se proclame pas tout simplement. Et puis, de la conception du pagne jusqu’à la confection d’un vêtement, combien de personnes se lèchent les doigts ? Comme si les femmes n’étaient pas déjà assez exploitées !
Excusez-moi, j’entends une voix là…Hein tu dis quoi? Ad ndanmi koul tan adi han.
