Cherchant un titre à mon édito du mois, celui-ci ne m’est venu qu’en dernier lieu alors qu’il semble aller de soi. Une bête dans la casserole et voilà l’humanité dans tous ses états, regagnant nid et terrier, pour le grand bonheur des bêtes qui elles étendent leur habitat ou leur parcours sur des territoires que leur disputaient les hommes. Mais mon envolée zoologique s’arrête là, intéressons-nous plutôt à la bête sans poils bien droite sur ses deux pattes.
Incrédules, nous l’avons été face à la gravité du mal, et certains le demeurent encore. Sinon nous aurions dû prendre les devants et appliquer ces fameux gestes barrières, hermétiquement fermer nos frontières pour empêcher au virus de s’installer chez nous. Quid de l’instinct grégaire ? Parfois suivre bêtement les autres a du bien.
Face aux milliers de morts parmi lesquels des personnalités et anonymes originaires du continent noir dont les médias nous font écho, nous évoquons la fameuse bête des Saintes Écritures. Personnellement, faut que je lise plus attentivement ma Bible pour bien comprendre affaire de bête-ci. Néanmoins je peux déjà affirmer que tout ça à des airs de fin des temps comme prédit.
NTIC permettant, certains investigateurs improvisés nous tiennent en haleine avec les nouvelles les plus improbables. Oui, le monde n’est qu’une jungle dans laquelle chacun affûte sa stratégie de survie en se servant allègrement des autres. Les sorties médiatiques au sujet du vaccin à tester en Afrique ne peuvent que corroborer cette théorie du complot.
Que des personnes vivant au-delà des mers ne nous voient pas comme leurs congénères, ça passe plus ou moins, ce n’est pas une nouveauté. Mais quand celui qui est censé scander fièrement La Tchadienne trouve dans cette crise l’opportunité de s’enrichir… L’alimentation et le transport sont les secteurs où cela se ressent le plus, et bien sûr les produits d’hygiène et la fameuse chloroquine qui fait son comeback. Encore heureux que personne n’ait songé à privatiser les parcs de neem de la capitale et de ses alentours. Et vivement que la gratuité de l’énergie ne coïncide pas avec des délestages à n’en plus finir. Cette situation nous rappelle juste que dans l’espèce humaine les races ne sont pas fonction des couleurs, des caractéristiques physiques, il y a juste d’un côté les bons et de l’autre les méchants. Gnaman na ngouda !
Pendant qu’on croyait que la peur leur faisait observer une accalmie, les terroristes se sont rappelés à nous. D’aucuns disent que l’attaque venait plutôt des rebelles convoitant le palais rose. Quoi qu’il en soit, ça donne deux raisons de faire l’intelligent ou le généreux à travers speech, post et dons. Nan ba to mb’ ?
La créativité dont les gens font montre nous offre des moments de répit dans nos pensées funestes. Le roman de Camus prétextant une épidémie de peste pour parler de la guerre sera bien compris des lycéens s’il est toujours au programme et il en sera de même pour les cours d’histoire. Une chose est sure, le monde ne sera plus pareil après Covid-19.
