La reprise des activités ou plus spécifiquement des transports en commun dans la capitale et la possibilité de se rendre après en avoir été coupé dans d’autres provinces nous ont fait pousser un ouf de soulagement. Cependant, on n’est pas encore sortis de l’auberge. Du moins, personnellement, quand je suis contrainte de me déconfiner (néologisme tendance pour dire qu’on sort de chez soi), c’est pour vivre des expériences à me faire nourrir des pensées…bon vous trouverez vous-mêmes le qualificatif qui sied. Premiers responsables, carte bancaire expirée et nouvelle non disponible pour cause de vols suspendus. Et la question que je n’ose poser est si les cargos sont touchés par la mesure ou si la carte bancaire doit être impérativement accompagnée de passagers. Bref, j’ai perdu le sésame qui faisait des distributeurs automatiques mon porte-monnaie perso, et aussi et surtout me dispensait de la journée passée dans une agence bancaire en fin de mois. Bon, Covid ne fait que révéler ou un tout petit peu aggravé ce qui n’allait pas déjà. Et c’est le moment choisi par la seule pièce d’identité en ma possession de passer aussi dans le camp des invalides. C’est le deuxième qui a décidé de faire ma fête. Et donc, à moi les réveils aux aurores et le pied de grue, les bousculades, les humeurs des autres usagers et clients (patient me semble un mot plus approprié dans ce contexte que dans le domaine hospitalier), les manières peu amènes des agents de sécurité et autres employés faisant de l’arrivée devant le dispositif machine-agent un parcours héroïque sans garantie cependant que toute cette peine soit récompensée. C’est juste une situation occurrente au sous-développement. Qui engendre l’autre, je n’en sais rien. De toute façon, ce n’est pas ce qui aura raison de moi car avec le sort nous avons établi qu’il me taquine un peu avant que je ne parvienne à mes fins. Du coup, j’aurais été la première étonnée si les choses se passaient dans les délais prévus. Et puis, la bienveillance et l’humour des compagnons d’infortune, des connaissances ou des véritables amis sont aussi là pour mettre du baume au cœur.
Comme l’Afrique offre sa matière première, le petit écran offre de la matière à la rêveuse incurable que je suis. De beaux cadres, des acteurs qui campent plutôt bien leurs personnages, des intrigues comme on en vit au quotidien et d’autres plus rocambolesques, on peut dire que je suis servie. Made in Koumra, ça donnerait KARITÉ, trésor du terroir, seule espèce botanique à ma connaissance dont l’arbre, le fruit et la noix ont des noms distincts. Imaginons tout ce que les femmes ramasseuses et transformatrices peuvent y gagner, les coups bas compromettants qu’elles se feraient, la cupidité de certains hommes et allochtones qui mettraient tout en œuvre pour en contrôler le trafic, ajoutons-y un soupçon de bunda qui est toute une culture… Même si les pyramides, damiers et autres symboles me font quelque peu douter de l’obédience des maisons de production, les scénarii donnent de bonnes leçons. Oui, le succès est possible en Afrique lorsqu’on parvient à déjouer les embûches. Et l’occident peut être une opportunité pour peaufiner ses connaissances, mais à condition de ne pas s’y perdre. Quant aux problèmes, lorsqu’on les élude ou les camoufle plutôt que de les affronter, ils reviennent toujours nous frapper de plein fouet. Donc avec mon yib roy comme ça, je peux devenir VIP et plus d’attente dans le rang parmi population.
Après l’or blanc et l’or noir, l’or des femmes est un enjeu.
