
Échoué, une annotation sur les carnets de notes au primaire qu’on redoutait tous. Elle signifiait que l’on n’avait pas assimilé ce qui nous avait été enseigné et nous exposait à la raillerie des camarades et au courroux des parents. Des années plus tard, nous expérimentons toujours des couacs et nous avons intérêt à l’intégrer définitivement, tant que l’on entreprendra quelque chose dans cette vie, il y a un risque que l’on ne le réussisse pas. Mais cet échec peut aussi être le point de départ vers un succès.
Sortir du déni
Tourner un échec à son avantage exige qu’on l’admette comme tel, oui ça n’a pas marché, oui c’est fini, devra-t-on se dire en son for intérieur. Souvent malheureusement, l’évidence est là mais nous la nions. Nous connaissons ces amoureux éconduits, ces époux maltraités ou tout bonnement délaissés qui s’entêtent à croire que le cœur de leur élu bat pour eux. Il y a aussi ceux qui pour la énième fois reprennent une classe ou essaient de remettre à flot une affaire dans la filière où ils sont convaincus d’avoir un jour une brillante carrière. L’épuisement mental, l’impossibilité à épargner et dans certains cas l’endettement sont le lot de ces suicidaires, accro à l’idylle façon Bollywood ou à la Success Story.
Mais pourquoi s’autodétruire ? Reconnaître un échec reviendrait à dire je suis nul, je me suis fait avoir, et comme le petit écolier, nous redoutons toujours d’être la risée des autres. Alors pour sauver les apparences, on brode pour dissimuler la triste réalité. Bébé travaille dur ces temps-ci donc pas moyen de se joindre à nous… Oui on va se les offrir ces vacances histoire de passer du temps ensemble. Hum Bébé se fout de toi et de tes gens, tu sais bien qu’est-ce qui l’occupe ces temps-ci, et puis quelles vacances ? Mon œil ! Se retrouver en tête-à-tête avec toi ? Un supplice pour Bébé. Variante de ceux qui n’arrivent plus à assurer les fastueux repas auxquels leurs nombreux et réguliers hôtes avaient droit : Vu tout ce que Dieu a fait pour nous, on a décidé que cette période de Carême c’est la sobriété alimentaire. On est bien début janvier ? Donc Pâques cette année c’est en février…
Dur, après s’être produit comme j’aime à le dire, d’accepter que les choses ont changé, et pas dans le sens qu’on veut. Et lorsqu’on ne peut plus rien cacher, on opte de s’enivrer d’alcool, de jeux, d’une ou de multiples conquêtes.
Ndo kelé i m’t ba
Vous pensez vraiment que du 1er janvier au 31 décembre, et du lever au coucher, les gens ne parleront que de votre déconvenue ? Rassurez-vous, un incident viendra bien vous déclasser dans les ragots.
Assumez la réalité et parlez-en à vos proches, vous seriez soulagés et même surpris d’apprendre que d’autres vivent ou ont vécu des situations similaires voire plus graves. Pleurez au besoin, seul ou dans des bras réconfortants. Et la vie est si belle alors profitez-en, faites juste un effort pour quitter votre humeur maussade. Cherchez la compagnie de personnes qui vous égaient et au mieux fuyez celles qui remuent le couteau dans la plaie en s’apitoyant exagérément sur votre sort. Il est aussi recommandé dans ce genre de situation de voyager, mais nous n’en avons pas toujours les moyens, alors un bon livre, un bon film, des changements dans la décoration de la maison ou sa garde-robe, le tout en étant raisonnable côté finance, peuvent faire un bien immense.
Comprendre ce qui n’a pas marché
Finies les vacances, retour en classe. Alors pourquoi et comment sommes-nous arrivés là ? Soyez honnête avec vous-même. C’est vrai, il y a des éléments ne dépendant pas de vous, listez-les et demandez-vous quelle attitude vous auriez dû adopter pour y faire face. Ce poste vous le convoitiez tant…comme beaucoup d’autres. Relisez attentivement ce qu’on attendait du candidat, correspondez-vous vraiment à cette personne ? Quelle que soit la cause de votre licenciement, est-ce normal que vous ne puissiez plus assurer le minimum vital pour votre petite personne ? Votre belle aventure entrepreneuriale est un fiasco ? Mais est-ce un domaine que vous maîtrisez ? Et avez-vous vraiment fait la part des choses entre la caisse de l’entreprise, votre porte-monnaie et le fonds de solidarité du village ? Troisième placage en l’espace de deux ans ? Soient en moyenne huit mois pour découvrir quelqu’un, faire des plans sur Mars avec lui car c’est le bon, puis le dégoûter assez pour qu’il se sauve, ensuite se lamenter sur son sort puis finalement passer à autre chose ? Des fois vous ne vous dites pas que vous allez plus vite que la musique ? A méditer plutôt que de rameuter la bande et déblatérer.
Faire le point sur ses capacités, ses motivations
Analyser des échecs à répétition fait prendre conscience d’un fil rouge, quelque chose qui coince et qui empêche de décoller ou quelque chose qui nous tient vraiment à cœur.
C’est ce qu’a vécu Marie-Thérèse, à la tête d’une boîte qu’elle a montée en partant de son carnet d’adresse et sa connaissance des entreprises qu’elle courtisait pour un emploi et qui aujourd’hui sont ses clientes. Après de multiples candidatures sans suite en dépit de sa formation initiale dans une bonne école et les formations complémentaires qu’elle s’est peinée à suivre, elle a décidé d’offrir un service de conciergerie sur-mesure au personnel des entreprises. D’abord la réception et le staff qu’elle voulait intégrer (ses interlocuteurs au sein de la structure), puis d’autres ont suivi. On peut dire que la reine des anniversaires, dîners d’affaires ou romantiques, cadeaux personnalisés c’est bien elle. Cette activité convient bien à son côté créatif et les connaissances managériales qu’elle a bien fait d’acquérir en plus de son background en gestion et comptabilité sont les garants d’un avenir prometteur.
Kemnda, qui pourrait bien être président du club des Plaqués anonymes, ne s’intéressait jusque-là qu’à des femmes en détresse ou qui le faisait croire. Et lui se plaisait à jouer le héros jusqu’à ce que la belle n’ait plus besoin de lui et décide de s’en aller sans crier gare. Les comparaisons avec son aîné, gigolo attitré, lui ont fait comprendre qu’il cherchait en fait à se démarquer, prouver qu’il n’était pas mauvais comme lui. Depuis ce déclic, il est un compagnon attentionné pour la femme de sa vie et non plus un organisme de charité dont quelques mal intentionnées tirent profit.
Alors, plutôt admis ou bien ?

Quelle belle surprise ma chérie.
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